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Les limites d’un test de QI

Les bilans psychométriques comme le WISC-V et le WAIS-IV représentent une part importante de mon activité. Pourtant, j’ai régulièrement une approche dissuasive par rapport à ces tests lorsque je reçois des personnes qui m’en parlent. Qu’en est-il ?

Là où le test échoue

Tous les tests mettent en échec un sujet. Il n’y a pas de tests réussis, d’autres échoués. Ils ne sont qu’une manière d’objectiver et de disposer du positionnement d’une singularité. Associer trois cubes les uns à côté des autres et poser des questions de culture générale ne dit rien de la complexité d’une personne.

Cette considération est absolument fondamentale lorsque l’on s’engage dans une telle démarche. Particulièrement lorsque la confusion se fait entre l’intelligence et le QI, alors que le haut potentiel, la « surdouance », la « zébritude » et autres désignations imparfaites se lisent presque exclusivement selon un degré de sensibilité.

Ce qu'un test de QI n'évalue pas

  • Le test de QI ne peut évaluer la créativité. Et d’ailleurs, aucun test ne le pourrait. La créativité est au cœur de la singularité. Il serait périlleux de définir la créativité, et par définition impossible de la normer : toute créativité étant un écart par rapport à la norme.
  • La sociabilité : le cadre ne permet pas évidemment de voir comment une personne se mêle aux autres et quand bien même, là encore, nous serions confrontés à un choix d’observation imparfait. Sur quels critères pourrions-nous évaluer la sociabilité ?
  • La gestion des émotions : quoi qu’un test soit éprouvant d’un point de vue émotionnel, il manque à interroger le rapport à la colère, la tristesse, l’injustice, l’épreuve, la joie...

La liste pourrait brasser encore l’infinité des particularités humaines. Il est sans doute plus judicieux de s’interroger sur ce que le test de QI évalue...justement.

Ce qu'un test de QI évalue

Le WISC et le WAIS évaluent les épreuves... du WISC et du WAIS. C’est-à-dire une certaine manière d’interroger le rapport au langage, à la logique, à la culture, à la mémoire. On tente d’isoler des dimensions étroitement intriquées. Bien naïf pourtant celui qui ne voit pas du verbe son éblouissante logique. Nombreux sont d’ailleurs les scientifiques que les sinuosités du langage interrogent.

A ces épreuves, ces subtests, on observe comment l’individu se situe par rapport à d’autres individus. Ce qui nous permet alors de conclure qu’une personne a des résultats supérieurs à 40% des autres, ou 62%, ou 85% ...

La granularité est à l’honneur et certaines personnes sentent parfois leur vie bousculée, soulagée, lorsque nous atteignons 98% : le sacro-saint 130 de QI. Le couperet noir entre la plèbe et l’élite. Ne boudons pas notre plaisir, cela permet parfois d’aborder la vie différemment et de se positionner autrement : c’est d'ailleurs l’objectif principal d’un travail avec un psychologue.

Le couperet peut aussi sectionner de travers et des personnes se retrouvent engluées dans un diagnostic imparfait qui colle à la peau et dicterait la vérité d’une personne et sa souffrance.

Quand est-ce utile ?

Dans le cas d’un enfant, l’utilité est toujours à considérer selon un ensemble scolaire/familial/amical.... Lorsqu’un saut de classe est envisagé, un test permet de confirmer certaines capacités attendues à un âge correspondant à une classe supérieure. Face à une mise en retrait volontaire, dictée par exemple par l’ennui, une telle évaluation peut aussi avoir un intérêt.

La question de l’utilité d’un tel test reste insoluble. Cela dépend de chaque personne. C’est tout l’intérêt d’un entretien préalable : permettre d’interroger cette démarche. La simple curiosité peut être tout aussi légitime qu’une profonde souffrance existentielle.