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Thérapie brève centrée sur la solution

Thérapie brève, thérapie systémique : le sujet au coeur

Les thérapies brèves centrées sur la solution prennent le contrepied de la plupart des approches thérapeutiques.

Beaucoup inspirées par l'hypnose comme la pratiquait Milton Erickson, elles visent à porter un regard sur les solutions à la portée du sujet dans son quotidien.

Erickson décrivait l'inconscient comme un véritable réservoir de ressources à disposition du sujet qui peut le voir. Sa manière de travailler bousculait (et bouscule encore) les normes.

Il s'amusait à décrire le patient comme participant à un dîner où le thérapeute n'a qu'à chuchoter : "Prenez ce que vous souhaitez". Au patient de choisir les plats à sa disposition, pas au thérapeute.

Là où la plupart des thérapies ont une considération historique et subjective du symptôme, les thérapies brèves s'y intéressent en ce qu'il freine et gêne le sujet dans son quotidien. Le sens du symptôme, sa dimension causale, interrogeront moins que ses répercussions dans le présent.

Qu'est-ce que la thérapie brève ?

Le terme bref est sans doute inadéquat. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on parle aujourd'hui beaucoup de ses déclinaisons comme la psychothérapie systémique, ou la thérapie centrée sur la solution. C'est une manière d'aborder la souffrance plus qu'une mesure de la durée d'une thérapie.

Parmi les psychothérapeutes ayant contribué à l'émergence de cette approche, Steve de Shazer est un incontournable. Il pose ainsi les principes élémentaires de la thérabie brève :

  • Si ce n'est pas cassé, ne réparez pas.
  • Après avoir repéré ce qui fonctionne, faites le davantage.
  • Ne recommencez pas ce qui ne fonctionne pas.

Ces principes simples et fondateurs visent à provoquer un changement, qu'il soit mineur ou non, de nature déterminante dans la vie du sujet.

Sur cette base, le patient sera amené à décrire ce pour quoi il consulte le gêne. A l'instar de l'EMDR, le psychothérapeute sera actif dans l'échange et attentif au ressenti qu'exprime le patient.

Par ailleurs, la gravité du trouble et son ancienneté sont considérées sans rapports avec la durée de la thérapie.

Thérapie centrée sur la solution

Le problème évoqué par le sujet sert de tremplin pour déterminer des exceptions c'est à dire des moments dans sa vie où il a déjà su y faire face et comment.

Ces exceptions sont les fondations d'une solution à mettre en place pour provoquer le changement attendu.

La gêne et la difficulté décrites préalablement permettent également de s'interroger sur ce que pourrait être la vie sans leur emprise.

Ainsi, le symptôme ne vient pas alimenter la plainte et trouver un écho infini dans l'histoire douloureuse du sujet, mais il constitue plutôt une paire de jumelles vers un objectif souhaité.

Une thérapie différente

Le risque est, du côté du psychothérapeute, d'apparaître comme négligeant quant à la plainte du patient et ne pas la prendre suffisamment en compte.

La plupart du temps, en thérapie, on peut chercher à déplier ce qu'il en est du symptôme. Comprendre pourquoi l'on souffre... Quelle est la racine du mal...

Dans les thérapies brèves centrées sur la solution, un pas-de-côté est opéré. Cela peut être déroutant pour le patient. Au psychologue d'y être attentif et au patient de ne pas hésiter à le manifester.

Les apports modernes

De nombreux psychothérapeutes ont repris le flambeau allumé par Erickson puis à sa suite Steve de Shazer. Parmi nos contemporains, deux spécialistes des thérapies orientées solutions sont les médecins Alain Vallée et Yves Doutrelugne.

Auteurs de plusieurs livres didactiques sur le sujet, ils parlent d'une hypnose conversationnelle pour caractériser les questions qui amènent le sujet à se représenter un futur proche où il sera libéré de son problème.

Ils ont également beaucoup contribué à l'essor des thérapies narratives, dont peut-être j'aurais l'occasion de parler.

Giorgio Nardone, psychothérapeute italien formé à l'école de Palo Alto, a élaboré la thérapie brève et stratégique, plaçant des expériences inattendues au coeur de l'accompagnement. Une personne en proie à des troubles obsessionnels compulsifs est par exemple invitée à répéter plus de fois que d'habitude ses TOC. On parle d'actions "paradoxales", qui viendront provoquer un changement de perception.

Quelle que soit l'approche, la thérapie implique toujours une adaptation du psychothérapeute à l'infinité des sujets qui peuvent se présenter à lui.